vendredi 5 octobre 2012

Ecce Homo N°4 Tyrannosaure contre Bob Morane. "Opération Atlantide"

On sait bien qu'à quelques reprises notre ami Bob Morane a fait des cartons sur les dinosaures. Ceci expliquant surement cela. Attention notre vieil écailleux pousse assez loin dans les révélations du titre.
Oui, je sais Bob Morane, ça fait plus iguanodon que Tyrannosaure mais chacun ses petits travers. On le sait tous Henri Vernes a commencé à écrire à l’attention d’adolescents boutonneux (ceux d’aujourd’hui s’étouffent la peau à base de cosmétiques miracles qui donnent un sale goût à la nourriture mais bon). Le pitch pour les martiens qui ne connaissent pas est que le commandant Morane est LE Héros. Il est superbe, musclé, jeune, ne vieillit pas, courageux, incorruptible, honnête, une vie saine, inflexible, les yeux gris et pour le reste on ne sait pas, Riton ne nous contant pas ses exploits au lit (mais on se doute). Bref, le mec pénible. Il a un ami incontournable, une brute écossaise au grand cœur aux grands bras musclés et au cerveau atrophié mais d’une fidélité en amitié qui devrait être un exemple pour notre jeunesse abrutie de trahisons (avec un record pour « Le trône de fer » et « 24H Chrono »).Bill Balantine puisque c’est lui, est lui aussi un stéréotype bien sympathique au début mais qui finit surement cirrhosé à la fin de l’œuvre monumentale d’Henri.
Heureusement Bob a des ennemis récurrents qui sont superbes dont le fameux Monsieur Ming dit « L’ombre jaune » (le péril de même couleur…) et sa fille superbe (et donc amoureuse de Bobby) et quelques autres qui, heureusement, ont soit des filles, soit sont des filles (superbes dans tous les cas).
Les scénarios sont souvent sympas et on n’hésite pas à se promener du polar à la science-fiction en passant par l’aventure et le fantastique. Bref pour un adulte normalement constitué une bonne heure et demie de détente.
Du coup, las des dernières aventures du playboy dans des mondes de fantasy moyennement maîtrisée, comme tous les dix ans je me faisais mon petit Bob Morane de derrière les fagots et prenait un exemplaire détruit de « Opération Atlantide ». En me disant à défaut de relire Pierre Benoit (Antinéa… Antinéa), relire un roman que j’avais lu dès sa sortie (1956… Oui, je sais…) ne me ferait pas de mal.
Je vous fais le pitch. Bob décide de croiser en solitaire au large d’îles paradisiaques et d’en trouver une déserte où il pourrait se reposer, dans un campement de fortune, du stress dans le quel il vit et se ressourcer dans la nature (petite puce…). Bon, pas de bol une base secrète est installée sur l’île où des hommes à la mine patibulaire sortent d’un gros engin bizarre pour se rendre dans un bâtiment.
Ai-je dit que Bob était d’une curiosité maladive ? Il l’est. Il se précipite donc dans la machine et se fait toper par les patibulaires. Qui ne le sont pas ! Les méchants sont dehors, ce sont des russes (mais on ne le dit pas hein ?) qui veulent trouver eux aussi cette zone sous-marine où les faux patibulaires ont trouvé un minerai très radioactif (donc vachement bien). Je vous passe l’affrontement (avec des armes à rayons bruleurs) et la fuite dans la machine (sous-marine donc). C’est à ce moment qu’une brusque lassitude a envahi mes membres inférieurs (très gros). Mais j’ai continué et j’ai bien fait. Bon, je ne vous raconte pas tout mais je spoïle là hein ? Gaffe. Si vous n’êtes pas contents, vous pouvez toujours venir me voir (avec deux trois kilos de mayonnaise par contre !).
Les explorateurs vont découvrir que les atlantes étaient des malins et avaient eu le temps de faire des villes sous globe avant de se faire engloutir. Que les villes n’ont pas été englouti en même temps et que la première était habitée par des scientifiques qui manipulaient les gènes et on créé une race hybride amphibie et avait une architecture bizarre. Les seconds (les gentils) avaient une peur bleue des premiers.
Et là où je suis resté stupéfait c’est que les méchants êtres hybrides se nommaient des dagons et leur ville Ryleh[1] ! Même Henri Vernes a mangé dans la (grosse) gamelle de Lovecraft.
Bon je vous « rassure », seuls les noms et la localisation sous-marine ont un rapport (et nous ne sommes pas au point Nemo).
Pour la fin, Bob va ruser avec les méchants russes et leur coller une taule et pour ne pas être enquiquiné avec des atlantes perturbateurs, Henri suicide les survivants avec maestria.
Henri Vernes n’utilisera pas ces subterfuges grossiers à longueur de temps. Et je garde un excellent souvenir de sa patrouille du temps qui permet de voir Bob et Bill en armure, et ses voyages dans l’espace où l’on ne vous entendra pas crier lorsque vous vous ferez dévorer par des roses mobiles…
 
 
 


[1] Pour les incultes Rlyeh est la ville où Cthulhu rêve et attend…