mercredi 9 janvier 2008

Le bouquiniste a lu 6

"Sous les vents de Neptune" de Fred Vargas, et il a été enchanté, sauf que...
Vous-ai-je déjà parlé de Fred Vargas ? J’ai commencé à la lire chez J’ai lu, attiré par un quatrième de couverture alléchant (on devrait faire une thèse sur les quatrième de couverture). Il y était question de trois héros historiens, l’un en préhistoire, l’autre sur le moyen-âge et le dernier sur la grande guerre. Chacun des héros reflétait les traits attachés à la période qu’il étudiait et je n’ai rien lu de plus beau que les aventures de ces trois lascars ces dix dernières années. Humanité, érudition, suspens, humour, un cocktail savamment dosé pour notre plus grand plaisir.
Et puis il y a Adamsberg... Je n’aime pas Adamsberg. L’homme je veux dire... Héros de « Pars vite et reviens tard » dont j’ai beaucoup aimé l’adaptation cinématographique et d’une demi-douzaine (...) d’autres aventures. C’est un héros indescriptible, rêveur, anticonformiste, doué d’une formidable intuition, il aborde les problèmes qui se posent à lui d’une façon tout à fait inhabituelle ou onirisme, réflexion tous azimuts, paraboles sont les plus étonnants aspects. Il est entouré d’un certain nombre de personnages, tous décales, tous terriblement attachants, tous doués d’un quelque-chose qui les font naviguer dans notre mémoire et dans notre cœur comme un doudou pour un enfant.
Le plus présent est Danglard, assistant direct d’Adamsberg, père-célibataire alcoolique, terriblement pointilleux et logique le reflet opposé du héros de Vargas. Et lui aussi « horriblement » attachant. C’est la magie de l’auteur que de nous présenter des « marginaux » sans intérêt visible et de nous les transformer en entité pleine et entière, tous profondément humain et dont on rêverait pour meilleur ami.
Pourquoi je n’aime pas Adamsberg ? Ce n’est pas simple mais en résumé, c’est le type d’homme dont on ne saurait se passer alors qu’il a une facilité extraordinaire et quasi-involontaire de faire souffrir ceux qui l’aiment (et qu’il aime). Mieux, c’est le spécialiste de la situation cornélienne, tout pourrait se passer merveilleusement bien, il suffirait d’un mot ou d’un geste mais ni l’un ni l’autre ne se fait et on se demande pourquoi !
Sous le vent de Neptune est une superbe histoire, une enquête sur un tueur en série où Adamsberg est directement impliqué à plusieurs titres. Je vous laisse faire la connaissance de Josette (une petite nouvelle branchée informatique) et d’une kyrielle de portraits hauts en couleur de nos cousins outre-Atlantique, puisque Adamsberg et son équipe partent se perfectionner à Québec. Ce qui laisse Fred Vargas le plaisir (et le notre) de s’étendre sur le parler et les mentalités des chums de là-bas.
(Qui sont A-DO-RA-BLES ! Vous ai-je parlé de Linda B. une amie québécoise ? Je n’ai jamais rencontré de personne plus gentille que celle-là !)
L’histoire coule comme un rêve, tout semble parfait... MAIS pour faire fonctionner son histoire, Fred Vargas laisse passer une erreur de scénario IN-CROY-ABLE... Elle n’a pas d’amis qui la relisent ??? Je n’en reviens toujours pas.
Scénariste de jeux de rôles à mes heures (passées) mes joueurs m’auraient immédiatement fait remarquer l’erreur !
Je ne vais pas vous la raconter, ça vous gâcherait le roman. Mais une petite parabole s’impose. Imaginez que dans votre coin il existe un fou qui peint une croix en vert sur la tête des chats et qu’une semaine après le chat meurt d’un coup de fusil. C’est vous-même qui avez noté ce fait. Il est arrivé déjà 6 ou 7 fois. Un matin c’est votre chat qui a la croix peinte en vert sur la tête... Et bien si c’est à Adamsberg que ça arrivait il serait STUPEFAIT qu’une semaine après son chat meure d’un coup de fusil !!!
Le truc incroyable, Adamsberg le sensitif, le génie de la police passe complètement à coté d’un fait évident.
Et heureusement pour le roman... Sinon il n’aurait plus de sens. Je trouve regrettable qu’un auteur du talent de Fred Vargas laisse passer une chose aussi terrible.
Bon, ceci dit j’ai pris un immense plaisir à lire « Sous le vent de Neptune » malgré cela.
Je ne lis plus Vargas chez « J’ai lu », je n’ai pas le temps d’attendre... Je le lis donc chez « Viviane Hamy »...
 
Sous le vent de Neptune
Fred Vargas
Neuf Viviane Hamy 17.50 France Loisirs 18  ( 6/8 chez tout bon bouquiniste ! )
 
 
Intelligence : ***
Description : ****
Action : **
Humour : **
Amour : *
Violence : 0
Sexe : 0