lundi 8 août 2011

Le bouquiniste a lu N°31 : Les délicatesses de « L’indélicatesse du cosmos » d’Eric Lequien Esposti (ELE) chez Rivière Blanche.

Après le cyber-punk, le steam-punk un nouveau genre de science-fiction est né : le geek-punk ! Merci Eric
Je ne sais pas si je vous l’ai dit mais j’aime beaucoup les éditions « Rivière Blanche ». Ce n’est pas une maison d’édition, c’est une croisade ayant pour seul moteur la passion qui anime ses créateurs : Philippe Ward et Jean-Marc Lofficier. Ne pas avoir pour seul moteur le profit permet de réaliser des choix éditoriaux qui dépassent les cadres habituels. A ce titre, nous avons été particulièrement gâtés depuis leur création. Je vous le fais en vrac : remettre au boulot « la vieille garde » de la défunte collection « Anticipation » du Fleuve Noir, rééditer compilées les aventures de « Wampus » ou d’introuvables Jean de la Hire, ressortir toutes les aventures de « Madame Atomos », les nouvelles fantastiques de Kurt Steiner mais aussi « lancer » de nouveaux auteurs soutenus par leurs pairs plus expérimentés… David S. Khara, c’est eux, et les Thomas Geha, Laurent Whale et plein d’autres…
Bon, ce n’est pas tout ça, mais je m’égare encore. Allez donc voir http://www.riviereblanche.com/ et vous saurez tout !
« L’indélicatesse du cosmos » est un roman de science-fiction dont la construction répond aux standards des romans d’anticipation de la collection défunte du même nom. Des premiers même ! Je vous fais le pitch (pas d’angoisse, pas de spoilers !)
Un vaisseau spatial quitte la Terre (dans un futur lointain) et grâce à un système de propulsion prototype part à la recherche d’une rencontre du troisième type. Qui a lieu ! Après quelques désastreuses incompréhensions et considérant que l’humanité n’est pas prête le vaisseau et ses occupants vont être mis dans une quarantaine où l’humanité va peut-être découvrir le … bonheur.
Oui, je suis d’accord avec vous… Aucun intérêt !
MAIS…
Ce n’est pas tant l’histoire le vecteur d’intérêt du roman que son traitement. Eric est une sorte de génie de la « geek-attitude ». L’univers dans lequel est décrit son histoire est aux confins technologiques. Nous n’en sommes plus à la nano technologie (puissance -9) mais pico (-12), la physique relativiste est dépassée (dans ses applications même), la sociologie a, elle aussi, évolué dans la direction qu’elle prend aujourd’hui, et la société vit dans une sorte d’atmosphère de télé-réalité  sadique où pour échapper  à l’ennui tout est bon. « Est-ce que l’on pourra dépecer Papa vivant pour Noël ? ». Je ne vous cache pas que j’ai été dérouté lors des premières pages de lecture par la somme d’informations qu’ELE est capable de fournir en quelques lignes. Mais très vite l’immersion se fait. ET c’est avec fascination que l’on assiste à l’épopée de ces humains qui malgré tous leurs défauts gardent quelque chose de pathétique.
Les rencontres avec les ET sont de grands moments de joie car je ne vous l’ai pas encore dis mais le roman d’ELE a pour principal moteur l’humour.
Cette vision parodique du futur a beaucoup de finesse malgré quelques blagues de potaches que les amateurs apprécieront. Les allusions au monde de la science-fiction et actuel sont légions (et je suis bien sûr d’en avoir raté quelques unes). Il est manifeste qu’Eric est un homme cultivé et cela rend sa lecture très agréable.
De la science-fiction spirituelle et humoristico-prospective n’est pas à la portée de tous les auteurs. L’exercice est réussi par ELE avec maestria.
 
 
 
« L’indélicatesse du cosmos » Eric Lequien Esposti
Neuf 17 euros  
Intelligence : ***
Description : **
Action : **
Humour : ***
Amour : *
Violence : ***
Sexe : **