mercredi 11 avril 2012

Le bouquiniste a lu N°33. Les étoiles s’en balancent de Laurent Whale

Il y a eu Dick, Simak, Robert Merle, et puis Ligny, Houssin, Brussolo, Gilles Thomas, Verlanger et puis maintenant Nathalie Legendre, Thomas Geha et…. Laurent Whale : les maîtres du post-apo de bon goût !
Je ne sais pas si je vous l’ai dit mais j’aime BEAU-COUP Rivière Blanche (et Philippe Ward). Bon, bin si, ça je vous l’ai dit ! Et j’aime BEAU-COUP Crtic aussi (et les compères éditeurs…) ça je ne vous l’ai dit qu’une ou deux fois ! Quand Critic décide de rééditer un roman paru à Rivière Blanche dans une nouvelle collection nommée « Trésors de la Rivière Blanche », forcément ça interpelle le bonhomme. Heureux possesseur des deux éditions, mon cœur cessa de balancer quand je me rendis compte que la seconde édition avait été remaniée par l’auteur.
Rentrant de vacances dédiées au foie gras et aux vins de pays (le Sud-ouest / Bordeaux), je fis sauter de la pile quelques facétieux livres-parasites et m’emparais du gros volume blanc à la si délicieuse couverture : un arc de triomphe partiellement détruit, en arrière-plan un avion dégageant une colonne de fumée inquiétante, et quelques jeunes hommes lourdement équipés et armés, d’inquiétantes lumières rouges frontales.
La société s’est effondrée, le capitalisme flamboyant a effectivement flambé, arrivant à ses tristes limites. Les en-têtes de chapitres nous donnent des informations sur le crescendo aboutissant à un incident nucléaire logique. Majeur. Non, encore plus que ceux nos amis russes et japonais. Le réflexe humain abâtardi par des siècles de domination et d’illogisme revient à morceler à l’extrême l’idiot réflexe de nations. Morcelées à l’extrême puisque chaque ville est indépendante. Des systèmes de type féodal s’instaurent avec les « citoyens » cloitrés dans des cités fortifiés, et les « hors-murs » qui refusent l’état d’esclavage implicite ou sont refusés par lui. Forcément ce n’est pas simple.
Tom Costa est un jeune homme débrouillard éduqué par son « père adoptif » : Armand, un crypto-post-hippie ingénieux qui a mis au point des jardins potagers et des sources d’énergie alternatives. Tom pilote un ULM qui lui permet de survoler le danger des hors-murs afin de faire du troc avec des villes plus éloignées et y voir son amoureuse par la même occasion.  Tom se crashe et est convoqué par le boss de Pontault-Combault Rinaldo, son fils le prototype du sale K… et son conseiller Nemo qui lui proposent un nouvel appareil volant !
La situation ne doit pas aller en s’améliorant. Des rumeurs circulent sur un fléau venu du nord. Bonjour la tronche du fléau !
Une invasion implacable, irrésistible que Tom Costa et ses amis sont les seuls qui ont  une chance de résister. Bien faible…
Heureusement Tom est bien entouré ! Le (très) jeune Miki, apprenti mécano et second fils adoptif d’Armand, Cheyenne un Hors-Mur du 9-3 typique (mon personnage préféré) et quelques autres bras-cassés du même acabit.
Autant dire que rien n’est gagné.
L’immersion dans la trame scénaristique est directe et rapide et il fait froid dans le monde de Laurent Whale ! Climatiquement s’entend. Les personnages sont chaleureux et d’une humanité exacerbée par leurs situations. Les rebondissements sont incessants et on garde un goût amer de certaines images que l’on aurait souhaité enterrées. Le Laurent Whale, c’est un conteur, je vous le dis. Un bon en plus. Ni vu, ni connu, je t’embrouille dans des nœuds gordiens et l’Alexandre est barré dans un trou de souris devant l’ampleur de la tâche. C’est bien fait, efficace et rares sont les moments de repos salvateur.
Je viens de mettre « Les pilleurs d’âmes » paru aux EX-CEL-LEN-TES éditions Ad Astra sur ma pile. C’est un signe…
 
 
 
 
« Les étoiles s’en balancent » Laurent Whale  « Critic »
Neuf 23,50 euros  Occasion introuvable pour l’instant (donc 20 euros)
Intelligence : ***
Description : ***
Action : ***
Humour : *
Amour : *
Violence : **
Sexe : 0