dimanche 28 février 2010

Nouvelles du front N°11 28/02/2010

Buz et information : le (triste) retour de la rumeur.
Le microcosme polardeux a été secoué ces dernières semaines par deux « affaires »[i] dont le relais par la blogosphère a donné lieu à des affrontements confraternels qui nous écartent de notre but à tous : la promotion du bon polar et des écrivains de qualité. Pire, en dehors du milieu professionnel que nous sommes : écrivains, éditeurs, chroniqueurs, libraires et bouquinistes, il existe une tranche de la population polardeuse complètement minimisée dans ces affaires : les lecteurs ! Les prenons-nous pour des imbéciles ? Je suis (aussi) un lecteur, mes convictions personnelles font que je ne lis pas certains écrivains : Dantec, A.D.G., Brasillach et autres (me faisant surement rater des ouvrages qui me plairaient mais j’assume mes choix, même les puérils !)… Je ne sais pas si je lirai Brigneau (si, je sais…) mais c’est mon choix personnel de lecteur. L’information Wikipédia sur cet auteur est suffisante pour me faire une idée. Tout comme ma connaissance de l’œuvre de James Ellroy et ce que j’en ai lu par des experts du domaine (Claude Mesplede en tête) me fait dépasser la diatribe provocatrice de l’écrivain sans fondements raisonnés pour ne considérer que ses romans. Didier Daeninckx  a des réactions viscérales et impulsives dont le relais par la blogosphère a entrainé un mouvement incohérent et chaotique dont le polar français, celui que je soutiens bec et ongles dans ma boutique, ne se sortira pas indemne. Plus de recul, plus de réflexions, on assiste au pugilat en règle de tout ce que compte le milieu français du polar d’écrivains et de chroniqueurs  dans une mêlée confuse d’attaques et d’arguments qui ne manqueraient pas d’intérêts s’ils n’étaient noyés dans un galimatias d’agressivité et d’attaques personnelles sans beaucoup d’intérêts. Il y aura des dommages collatéraux à cette affaire, dans les images que vont laisser les protagonistes et pour certains écrivains voire éditeurs dont la vie économique n’était déjà pas simple. J’espère que les conséquences de ces explosions immatures resteront cantonnées dans la sphère professionnelle.
 Le web est un outil merveilleux sans aucun doute, mais en tant qu’outil de communication, il demande plus que tout autre d’exercer sa raison. 
 
Jean-Hugues Villacampa. Bouquiniste polar à Angers

[i] Les provocations de James Ellroy lors de son dernier passage en France en janvier. L’attaque de Didier Daeninckx contre l’éditeur « La baleine » suite à la sortie au catalogue de celui-ci d’un ouvrage de Brigneau, facho patenté et auteur de romans populaires.