dimanche 10 janvier 2010

Qui sommes nous ?

C'est vrai, c'est qui eux d'abord ? Un petit faux vrai interview de notre boss bien-aimé (que Cthulhu lui fasse briller sa superbe calvitie). pour aborder la philosophie de la boutique.
Qui sommes-nous ?
 
De nombreuses questions sur notre métier reviennent régulièrement dans la bouche de nos clients. Nous avons compilé celles qui revenaient le plus souvent pour rédiger à la manière d’un entretien celles-ci.
N’oubliez pas que nous répondons à toutes vos questions. N’hésitez pas à nous écrire à contact@phenomenej.fr
 
Phénomène J est un bouquiniste spécialisé dans l’imaginaire. C’est quoi l’imaginaire ?
Ce sont toutes les littératures de fiction : science-fiction, fantastique, fantasy, policier, espionnage, BD franco-belge, comics américain, western, guerre, romans historiques mais aussi littératures française et étrangère, littérature enfants, populaire, etc.
Phénomène J ne vend rien d’autre ?
En fait sous la pression de nos clients, nous tenons aussi d’autres petits rayons : Histoire, ésotérisme, sciences humaines, biographie et quelques ouvrages divers en très petit nombre (régionalisme, cinéma, etc.)
Uniquement en français ?
Nous possédons un rayon de romans en anglais (dans les genres de ceux que nous vendons en français) ainsi qu’un rayon de comics en VO. Nous ne vendons (pour l’instant) pas d’ouvrages dans d’autres langues après un essai de deux ans sans succès.
Où Phénomène J trouve t’il ses livres ?
Notre fond a quasiment intégralement été acheté à des particuliers
Comment ça fonctionne ?
Un particulier souhaitant, pour une raison ou une autre, nous vendre des livres doit savoir que nous ne rachetons des ouvrages qu’en rapport avec nos rayons. Donc inutile de nous amener d’encyclopédies, de livres de cuisine, der romans condensés (Reader Digest), ni d’ouvrages club (France Loisirs par exemple).
Combien rachetez-vous les livres ?
Cela dépend d’un certain nombre de paramètres : l’ancienneté de l’ouvrage, sa rareté, son état, notre stock dans la référence. Par exemple un 10/18 récent en état impeccable va être racheté 1 euro alors qu’un Cronin en Livre de Poche passable va être repris à 0.20 euro. Nous ne rachetons pas les livres abimés.
Comment procédez-vous ?
Nous trions les livres en trois catégories : ceux que nous ne voulons pas (même pas en don), ceux que nous rachetons mal (ils ont peu d’intérêt mais gonfle nos rayons bon marché) et enfin ceux que nous rachetons correctement car ils répondent à la qualité de notre fond.
Un vendeur doit être majeur (ou avoir une autorisation écrite de ses parents) et en possession d’une pièce d’identité afin de remplir notre cahier de police.
Un cahier de police ?
C’est l’outil obligatoire d’un professionnel qui achète à un particulier. C’est destiné à éviter le recel.
Les livres sont payés comment ?
Habituellement en espèces ou en chèque si notre caisse est vide ou si la somme est trop élevé (300 euros)
Combien gagnez-vous en vendant vos livres ?
Le coefficient est assez variable en fonction des pièces mais varie habituellement entre 2 et 5.
C’est énorme non ?
Il faut savoir qu’à tout moment nous ne présentons qu’un tiers de notre stock et le stockage coûte cher. De plus nous possédons cinq ans de stock environ, ce qui est colossal pour une entreprise. Enfin il faut savoir que les commerces de prêt-à-porter et de mobilier par exemple travaillent à des coefficients bien supérieurs.
Et les libraires ?
C’est différent, un libraire travaille à un coefficient d’environ 1.65. Par contre il rend à l’éditeur les livres qu’il ne vend pas. En gros il ne paie que ce qu’il vend rendant le risque commercial moindre. Chez nous tous les livres sont à nous.
Phénomène J s’est agrandi en octobre 2009, comment avez-vous organisé la boutique ?
L’extension de la boutique a permis de créer des salles avec des thèmes précis : une salle dédiée entièrement au polar, une à la BD (franco-belge et comics) et à la science-fiction –c’est notre plus grande pièce-, une à la littérature, une aux enfants avec un espace jeu, et la dernière où l’on met notre rayon à 0.50 euros et nos autres rayons.
Quels sont vos jours et horaires d’ouverture ?
Nous sommes ouverts du mardi au samedi de 11H à 19H toute l’année. Nous sommes aussi ouverts les dimanches de juillet août et décembre de 14H à 18H ainsi que tous les jours fériés (hors dimanche et lundi) aux mêmes heures.
Vous êtes fermés le lundi pourquoi ?
En dehors de la législation du travail, il s’avère qu’il nous faut aussi nous occuper de tout le travail administratif, de référencement en retard et de la gestion de la Vente à Distance.
Phénomène J fait de la vente par correspondance ?
Nous envoyons plusieurs centaines de livres par mois par La Poste. Nous vendons sur notre site internet, sur Price Minister et quand un besoin de trésorerie se fait sentir sur Ebay.
Est-ce que vous gagnez de l’argent à Phénomène J ?
Quelque part c’est le but. Nous sommes ouverts depuis cinq ans. Tous les profits de la boutique ont été intégralement réinvestis dans nos deux agrandissements et les travaux qui en ont découlé ainsi que dans la constitution de notre fond (les livres). Donc pour répondre à votre question, nous avons gagné de l’argent au travers de la valeur de notre pas de porte qui a augmenté ainsi que notre stock.
Votre voiture c’est quoi ?
Une Xantia de 10 ans dont je suis très content à part le freinage… Mais je ne fais pas une fixation sur les moyens de locomotion. Le but étant de travailler à 4 dans cette boutique (ce qui nous permettrait entre autres d’être ouvert le lundi et d’assister à quelques salons et manifestations ce que ne nous permet pas la structure actuelle.
Phénomène J, juste un marchand ?
 Un marchand oui, mais un marchand passionné qui soutient et collabore à deux fanzines « La tête en noir » dédié au polar, et « La tête dans les étoiles » à la SF, tous deux disponibles gratuitement à la boutique et en téléchargement sur notre site. Nous accueillons aussi sur nos murs les œuvres d’artistes de la région et nous sponsorisons financièrement des expositions dont les thématiques se rapprochent des nôtres.
Mécènes ?
Le terme est trop fort car nous n’en avons pas les moyens. Nos contributions restent modestes même si elles dépannent. Peut-être un jour… J’aimerais bien.
Phénomène J est aussi éditeur ?
Un tout petit ! Nous éditons des manuels liés au Jeux de rôles de façon très épisodique. Notre « Best seller » est une campagne pour « L’appel de Cthulhu » rédigée Par Thierry Crouzet aidé de quelques passionnés montpelliérains « L’affaire Jonathan Deluze » sur laquelle nous nous penchons avec Thierry afin de savoir si nous la réécrivons pour la nouvelle édition du jeu.
Vous seriez prêts à éditer d’autres choses ?
J’aimerais ! Mais la boutique est pour l’instant trop chronophage au vu de l’équipe réduite qui la gère. Plus tard…
D’autres projets ?
Angers manque d’un Comics Shop depuis la fermeture de « Super-fiction » il y a trois ans. Nous en monterions bien un mais sur le concept de l’offre totale : neuf et occasion (profitant de notre stock actuel), figurines, produits dérivés, etc. Comme ce qu’a fait l’excellent « Œil Nippon » sur le manga. Mais c’est un billet de 150 000 euros à poser sur la table et on ne l’a pas actuellement. Et puis quelques contacts avec les libraires angevins nous a montré qu’ils ne s’opposeraient pas à ce que nous ouvrions un rayon « Science-fiction / Fantastique / Fantasy » neuf mais là aussi l’investissement est important et nos caisses ont été vidées par l’acquisition de la boutique voisine. Mais tout ceci est dans les rails et si la boutique marche aussi bien que nous l’espérons, nous ne comptons pas nous endormir sur des matelas de billets, ce n’est pas le genre de la maison.
Beaucoup parlent de la relation particulière entre les vendeurs et les clients de la boutique
L’une des grandes forces des boutiques indépendantes face aux grosses enseignes aujourd’hui reste d’une part la spécialisation et d’autre part la passion. Des enseignes comme la FNAC par exemple ont perdu cette spécificité. Il y a vingt ans vous alliez dans le rayon Jazz de la FNAC et le vendeur qui vous recevait était une encyclopédie vivante du jazz. Aujourd’hui ces enseignes sous prétexte de rentabilité donnent des salaires qui ne permettent pas de recruter un vendeur pointu. Le temps passé avec un client est compté. Notre temps ne compte pas, nos clients sont demandeurs de conseils, d’informations, de recherches, d’expertise. Nous commentons parfois les livres qui passent en caisse, orientons vers de nouveaux auteurs, etc… La confiance s’instaure et nous partageons la même passion…
Votre client préféré ?
Il passe une heure dans la boutique à explorer tous les rayons, pose quelques questions, partage ses infos et passe toutes les semaines voir les arrivages.
Votre client … moins préféré ?
Il passe la tête par la porte sans entrer dans la boutique et demande : « vous avez tel livre ? »
Quelle est votre client type ?
Nous n’en avons pas… Enfin si ! La qualité de la boutique passe par le temps passé à fouiner et à discuter. Mais nous avons de jeunes enfants (accompagnés) enthousiastes jusqu’à une équipe de pimpants octogénaires, tout sexe confondus, liés par la même passion du livre. La « qualité sociale » importe peu puisque nous proposons plus de 2000 livres à 0.50 euros et des pièces de collection qui peuvent friser les 1000 euros. Plus de la moitié de nos livres ne dépasse pas les 4 euros.